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La carte du monde qu’on connaît tous est fausse : l’ONU veut qu’on l’abandonne au profit d’une nouvelle version !

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Cent soixante-quatre voix pour, une seule contre, celle des États-Unis : l’ONU a tranché vendredi en faveur d’une réforme cartographique portée depuis plusieurs années par le Togo et plusieurs pays africains, visant à en finir avec une représentation du monde héritée des navigateurs du XVIe siècle.

La carte du monde telle qu’on la connaît vit ses dernières heures. L’Assemblée générale des Nations unies a adopté vendredi une résolution invitant les États et organisations internationales à abandonner la projection cartographique du monde actuelle au profit d’une projection plus réaliste qui rend leurs véritables dimensions aux continents de notre planète.

Cette version de la cartographie mondiale qui s’apprête à disparaître, c’est la projection de Mercator, formalisée en 1569 par le géographe flamand du même nom. L’objectif était alors de fournir une carte du monde suffisamment fiable et précise pour les voyages marins en conservant les angles. Bien que largement utilisée depuis près de 5 siècles, la projection de Mercator est largement remise en question.

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La projection de Mercator, celle que l’on apprend depuis 500 ans. © Unsplash

Une vision erronée du monde

Et pour cause, lorsque l’on regarde cette carte créée par Mercator, on n’observe pas les réelles dimensions des pays et continents situés aux hautes latitudes qui sont agrandis artificiellement. Par exemple, l’Afrique et le Groenland paraissent de taille équivalente, alors que le continent africain est près de 15 fois plus grand que l’île danoise. De son côté, l’Antarctique apparaît comme le plus grand continent du globe, alors qu’il n’est que le cinquième plus grand continent de par sa superficie.

“Les cartes façonnent notre compréhension du monde”, pointe Robert Dussey, ministre togolais des affaires étrangères à la tribune de l’ONU. “Elles orientent l’éducation, nourrissent l’imaginaire et influencent les perceptions collectives. Elles ne sont donc jamais neutres : lorsqu’elles donnent une image déformée de notre planète, elles risquent de perpétuer des représentations erronées transmises de génération en génération.”

Le Togo et plusieurs pays africains sont d’ailleurs à l’origine de la résolution “Correct the Map” adoptée ce 4 septembre par les Nations Unies par 164 voix contre une seule, celle des États-Unis, qui ont violemment critiqué la résolution onusienne. “Des résolutions comme celle-ci, et l’agenda idéologique qu’elles promeuvent, entravent le travail de cette institution et contribuent à la perte de sa crédibilité”, regrette Yaryna Ferencevych, représentante des États-Unis. Et d’ajouter : “Plutôt que de se concentrer sur les véritables enjeux de paix internationale, de prospérité ou de bonnes relations entre les pays, cette instance débat de projets cartographiques datant du XVIe siècle.” Six pays se sont abstenus, parmi lesquels l’Ukraine, inquiète de la représentation de territoires ukrainiens annexés sur ce type de carte.

Une initiative soutenue par la France

Désormais, l’ONU encouragera tous ses membres et les organisations internationales à privilégier des représentations de type “Equal Earth” plutôt que la projection de Mercator. Cette projection, réalisée en 2018, se veut plus respectueuse des véritables dimensions de notre planète et des différents continents.

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Eckert IV et Equal Earth sont extrêmement proches l’une de l’autre.

La France, elle, va encore plus loin. Si elle a appuyé la résolution afin d’améliorer ses relations avec les différents états africains, elle a dernièrement officialisé l’abandon de la projection de Mercator. Le Quai d’Orsay utilisera désormais la projection Eckert IV dans sa communication diplomatique, une autre projection, plus ancienne mais proche de celle adoptée par l’ONU.

Les États-Unis, la Russie, la Chine prennent une importance visuelle démesurée par rapport à l’Afrique, à l’Amérique latine ou à l’Asie du Sud-Est. Le Groenland semble presque aussi vaste que l’Afrique, alors que l’Afrique est en réalité environ quatorze fois plus grande. Les déformations finissent par s’installer dans les perceptions. Le moment est venu de les corriger. – Jean-Noël Barrot, ministre français des affaires étrangères.

L’une des conséquences de ce changement est que la France elle-même apparaîtra plus petite sur ses propres cartes officielles, tout comme les Etats-Unis ou encore la Russie.

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